PODCAST 5. RUE DE L’ANCIENNE-MONNAIE.
De l’argent des mines américaines aux piastres nantaises
Invité: Gildas Salaün
Lorsque l’on aborde les produits d’importation coloniale durant la période de traite esclavagiste, on évoque souvent le sucre, le café, le tabac et
le coton. L’argent — le métal — est rarement mentionné. Extrait dans les mines de « l’Amérique Espagnole » (Bolivie, Mexique, Guatemala, Pérou), l’argent était ensuite échangé aux marchands et aux armateurs français. C’est à l’angle de la place du Bouffay — où se trouvait jadis l’atelier monétaire et renommé après sa destruction (1820) « rue de l’Ancienne-Monnaie » — que l’argent était converti en numéraire français. Cette histoire de l’enrichissement de la France en argent, peu connue, est pourtant déterminante pour bien comprendre les mécanismes du commerce international d’alors. Parler de l’arrivée de l’argent pendant la période de la traite permet de sortir des seules responsabilités individuelles des armateurs et d’évoquer la responsabilité de l’État et de sa logique mercantile qui a aussi marqué la pensée de Colbert, l’auteur du fameux « Code Noir ».
Pour aller plus loin:
Gildas Salaün, «Traite des Noirs pour métal blanc», Monnaie Magazine [En ligne], 2018.