L’ expression Caring for Country, littéralement «prendre soin du pays », ou remplir ses responsabilités concernant un territoire, désigne l’importance que les peuples Aborigènes australiens accordent à la gestion coutumière des terres et des eaux. Mais le terme country ne concerne pas seulement un lieu; il inclut tous les êtres vivants et non vivants y coexistant. En cela il s’apparente à la notion de territoire, enjeu central des luttes autochtones internationales, lieu premier de ladépossession coloniale.
Ces enjeux apportent une autre lumière à la question du soin (care) porté aux œuvres, aux objets et aux archives conservés par les institutions culturelles occidentales, dans un contexte de post-colonialité. Cette journée d’étude examinera ainsi le paysage sensible et conceptuel dans lequel ces œuvres ont été conçues aussi bien que leur capacité d’agir et de faire relation. Articulant les notions de sollicitude et d’éthique à celles de pratique artistique et de conservation muséale, il se posera en creux la question suivante : l’art peut-il être facteur de réparation?
Lotte Arndt participe à la table ronde organisée par Daria de Beauvais et Morgan Labar sous le thème « Du Caring for Country au care dans les institutions culturelles » dans le cadre du séminaire «Autochtonie, hybridité, anthropophagie».
Programme:
Du "caring for country" au "care" dans les institutions culturelles | ENS (psl.eu)
La journée d'étude internationale dans le cadre du séminaire "Autochtonie, hybridité, anthropophagie" a lieu le 21 avril 2023 à Paris, École normale supérieure, département ARTS.
Le séminaire «Autochtonie, hybridité, anthropophagie » La montée en visibilité des pratiques autochtones dans l’art contemporain international est un phénomène majeur de l’histoire de l’art en train de s’écrire, avec le risque, parfois, de devenir une simple étiquette. Les termes hybridité et anthropophagie (en référence au «Manifeste Anthropophage » d’Oswald de Andrade) ont ainsi été accolés à autochtonie afin d’éviter les assignations identitaires et d’interroger l’invention de pratiques et d’identités variables, déjouant les catégories héritées du colonialisme et permettant de repenser les rapports à la nature, au territoire, aux humains et aux autres qu’humains. En laissant la parole à des chercheurs et des artistes, ce séminaire entend déplacer la focale des questions institutionnelles vers celles des processus créatifs, des identités assignées vers les pratiques par lesquelles l’individu s’auto-désigne et invente ses relations au monde.